3 ON Miami Mars 2010 from Thibault Magnan on Vimeo.
dimanche 28 mars 2010
samedi 20 mars 2010
48h à Tokyo
Konichiwa, l'Ami terrestre !
Comme tous les mois depuis quelques mois, j'ai posé en désidérata, un "4ON" New York (deux nuits dans la Big Apple).
Comme tous les mois depuis quelques mois, mon quota de points est largement insuffisant pour obtenir ce genre de rotation ô combien convoitée.
Comme tous les mois depuis quelques mois, je me mets en quête d'un plan B. Dans la compagnie, ce ne sont pas les escales qui manquent. Je parcours des yeux les différents trigrammes qui se déroulent sur l'écran... BOS, LAX, ICN, RUN, SXM... bof... pas cette fois ! ORD, DKR, NRT. Tiens... N-R-T. Ces trois lettres semblent m'appeler brusquement, et vibrent devant mes yeux comme une sorte de défi. NRT pour Narita, l'un des grands aéroports de la banlieue de Tokyo, Japon. Jamais été. Paye bien. Change un peu des USA. Et surtout promesse du plaisir exquis de faire de nouveaux premiers pas quelque part. A peine un an et demi que je sévis sur le réseau long courrier. Et déjà ce genre de plaisirs se fait rare.
Je clique, je clique, j'y suis.
Et voilà. Je me retrouve une nouvelle fois à bord d'une navette équipage, au petit matin lorsque dans ma tête il est encore tard le soir. Je ne reviendrai pas sur les conflits internes qu'une telle situation peut déclencher (suis ce lien Ami Terrien pour te rafraîchir la mémoire). Vol nominal, sans histoire. Il fait plutôt bon. Le trajet est long. J'aimerais m'endormir mais je ne peux pas. Comme à chaque fois que je découvre un pays pour la première fois, j'ai l'angoisse de manquer un détail, une image, une couleur en fermant les yeux pour m'assoupir.
Je suis au Japon.
Comme pour me confirmer ce fait, le dossier du siège qui me précède m'indique qu'un réseau wifi est disponible dans le bus...
Samedi, 11h.
Nous sommes arrivés à l'hôtel; l'établissement imprime sa silhouette massive sur le quartier excentré de Daïba. Pour faire un parallèle, ce coin serait un peu à Tokyo ce que La défense est à Paris. J'ai du sable plein les yeux. Certains de mes collègues, encore en uniforme, se rendent au petit déjeuner. Je n'ai pas ce courage et rejoins le 1oème étage où ma chambre m'attend. J'opte pour un petit déjeuner américain en room-service. Déshabillé, douché (ça c'est aussi un grand plaisir d'après vol !), j'enfile le kimono blanc laissé à mon attention dans la penderie et me glisse sous la couette. Nous nous sommes donné rendez-vous avec les collègues pour aller diner vers 18h. Le réveil est calé à 17h30, au cas où, car je devrais dormir deux petites heures. Maximum.
Samedi, 17h30.
J'ouvre les yeux, je reviens de loin. Mince. "Quel jour est-il ? Quelle heure on est ?". 17h30. J'ai bel et bien dormi plus de 5h d'affilée. Alors qu'à Paris et pour mon horloge biologique il est 9h du mat, ici le soleil déjà bas sur l'horizon nous envoie ses derniers rayons avant d'abandonner Tokyo à la nuit. Beaucoup de PNC m'avaient dit qu'ils ne connaissaient Tokyo que de nuit, qu'ils n'avaient pas la moindre idée d'à quoi pouvait ressembler cette ville le jour. Je commence à comprendre pourquoi.
Samedi, 18h.
Ponctuel comme toujours, j'attends mes collègues à la réception. Le groupe ne sera pas au complet avant 19h. Classique. Certains veulent aller dîner près de l'hôtel et rentrer en suivant. Tandis qu'une hôtesse propose de nous emmener dans un petit resto qu'elle-connaît-mais-c'est-dans-une-petite-ruelle-qu'il-faut-qu'elle-retrouve-mais-c'est-pas-gagné-oui-faut-prendre-le-métro-le resto ?-c'est-un-minuscule-yakitori-même-qu'à-côté-y'a-un-minuscule-bar-mais-non-on-rentrera-pas-tard-moi-aussi-je-voudrais-visiter-la-ville-demain. Bref, le plan à l'air tout ce qu'il y a de plus foireux. J'opte évidemment pour celui-ci étant donné que ma journée commence, de toute façon je me vois difficilement rentrer à l'hôtel pour compter les heures jusqu'au petit dej.
Samedi, vers 20h.
Avec deux collègues, dont l'hôtesse qui nous servira donc de guide ce soir, nous quittons enfin l'hôtel après avoir étudié plans, cartes, et harcelé gentiment le concierge. Notre guide est sûre d'elle. La station de métro : quasiment sûre que c'est ça. Ensuite ? y'a un magasin Uniqlo, faut juste qu'on le trouve, après c'est bon je vois. Je sens que ça va être le bordel. Mais c'est tellement marrant le bordel dans une ville inconnue...
Le métro ahhhhhh le métro. J'ai vite laissé tomber. Notre guide est douée. Capable de repérer la bonne station écrite en "vermicelles" sur un panneau qui fait bien 10 mètres de large.
Samedi, vers 21h.
Sitôt sortis du métro, nous tombons nez à nez sur l'Uniqlo, notre phare urbain. De là, notre guide retrouve la ruelle en 30 secondes. C'en est presque décevant. C'est vrai quoi ! A quoi ça sert de faire 10000 bornes, d'atterrir dans un pays qu'on ne connaît pas, avec des panneaux indicateurs qui n'indiquent rien à qui ne maitrise pas la langue de Dragonball, si c'est pour trouver son chemin du premier coup ??
Samedi, vers 22h00.
Cela fait un petit moment que nous sommes attablés, ou pour être exact accoudés au comptoir de ce minuscule estaminet bondé. Notre hôtesse guide se fait ouvertement draguer par son voisin japonais, qui tient à lui faire gouter tous les plats de la carte, poussant moult "ôôôôôôôô" dès qu'elle bouge un cil. Nous avons bien mangé (on ne saurait vraiment dire quoi), et la bière locale fut fort à propos pour accompagner toutes ces petites brochettes. Ah oui, pour info, les fameuses brochettes boeuf-fromage de nos restos japs en France, en réalité eh bien ça n'existe qu'en France...
Samedi, à une heure indéterminée.
Alors que nous quittons notre ruelle, mes collègues m'assurent que comme c'est mon premier Tokyo, on DOIT aller faire un tour à Roppongi. Pour faire simple, Roppongi c'est LE quartier branché, avec ses bars et ses boites où la jeunesse tokyoïte vient se défouler tous les samedis soirs avant de rentrer dans le moule. Bof, comme tu le sais, les discothèques c'est vraiment pas mon truc. Mais bon, ici c'est Tokyo, ici c'est la nuit alors que dans ma tête c'est le jour. Alors je suis mes collègues de bon coeur.
Premier arrêt au 911. Bondé. Que d'la tétèch', qui t'pet les 'rones, un max de branchés, tu mates, j'te mates, pas trop mon truc... Les paroles de Java me reviennent alors que j'observe, une Kirin pression à la main, ces gens se déhancher sur la piste, pendant que sur des écrans plats défilent en noir et blanc les aventures de Mister Bean. Oui, Rowan Atkinson doit être ici une icône pop underground. Comme Mireille Mathieu. Drôle de pays quand-même. Et pas à une contradiction prêt ! L'air dans la boîte est suffocant. Les gens fument cigarette sur cigarette quand dehors, sur le trottoir, il est interdit de fumer. Il faut croire que monsieur Evin avait dû forcer sur le saké le jour où il vint au Japon expliquer les grands principes de sa loi.
La bière me tourne la tête, l'air saturé de sueur et de nicotine me donne une légère nausée, et la musique techno me vrille les tympans. Mr Bean - je suis bon public- me fait marrer, mais ce n'est pas une raison suffisante pour rester. J'ai envie de rentrer.
Par chance, notre hôtesse guide nous propose rapidement de "bouger". Dehors, l'air frais me fait du bien. Sur le trottoir, des dizaines de rabatteurs, africains francophones pour la plupart, nous exhortent à pousser la porte de l'établissement qui les emploie. Mes acolytes décident d'un dernier verre au Motown 2.
L'ambiance ici est bien plus "bon enfant". Un grand bar en bois, des affiches vintage, et une programmation musicale bien moins élitiste : Jackson, Abba, et même les Gipsy Kings côtoient quelques tubes du moment. Contrairement au 911, où les gens dansaient concentrés, genre c'est sérieux c'est pas de la rigolade, ici personne ne semble se prendre la tête. Certains japonais, hilares, nous entraînent même dans des chorégraphies bizarres. Je finis par me prendre au jeu et passe finalement une très bonne soirée.
Je remarque quelques occidentaux, des hommes en costume pour la plupart, qui l'air hagard déambulent entre les danseurs. Ils n'ont pas l'air très heureux. Leur visage est fermé et personne ne semble les remarquer, si bien qu'au bout d'un moment je me demande s'ils ne sont pas des esprits que je suis seul à voir. S'expatrier ici, quand on n'est pas spécialement fan de la culture japonaise, ça ne doit pas être rose tous les jours.
Dimanche, 2h30 du matin.
A 2 contre 1, nous avons remporté la décision du retour à Daïba. La porte du taxi s'ouvre automatiquement et en silence après que le chauffeur a appuyé sur quelque interrupteur. Nous avons passé une bonne soirée, et je suis content d'avoir opté pour le plan foireux. Rendez-vous est pris tout à l'heure vers 13h30 pour aller voir à quoi ressemble Tokyo de jour. Je m'endors vers 4h devant un film très très ennuyeux avec Charlotte Rampling.
Dimanche, 9h.
5h de sommeil. Pas mal. Après le petit déjeuner, je me rends au centre commercial situé en face de l'hôtel. Il faut que je trouve un drugstore car je n'ai plus de solution de lavage pour mes lentilles. Je finis par trouver une sorte de CVS. Le vendeur ne comprend pas mon anglais pourtant impeccable (!). Qu'à cela ne tienne, j'avais prévu le coup et avais demandé à bord à ma collègue hôtesse japonaise de m'écrire la phrase qui allait bien sur un bout de papier. Le doute m'habite au moment où je tends le mot au vendeur. Elle n'avait pas l'air spécialement facétieuse, mais si elle avait voulu me faire une blague...
"Bonjour ! je suis un imbécile de touriste français ! Il faut me taper !"
"Bonjour ! J'ai des hémorroïdes et des champignons, pouvez-vous m'aider ?"
Bref, elle aurait pu s'amuser. Mais non. Pas de regard menaçant, pas de coups de bâton, et le flacon que l'on me tend ne ressemble en rien à celui d'un fongicide. Mission accomplie, c'est gagné, j'ai passé le premier boss, et j'ai gagné une vie supplémentaire. Heeeere we gooooo !
Dimanche 13h30.
Je retrouve Agnès pour la balade prévue la veille. Elle m'emmène à Shinjuku, observer le balais incessant des voitures puis des piétons qui envahissent à tour de rôle l'immense carrefour.
Puis nous marchons jusqu'à Harajuku, quartier populaire où il n'est pas rare de croiser de drôles de personnages ou très colorés (version manga) ou très monochromes (façon gothique). Mais en ce dimanche après-midi ensoleillé, la petite rue Takeshita-dōri est envahie de familles sages. Pourtant, les boutiques qui équipent les "gothic lolitas", les "cosplays" ou encore les "pinks" sont bel et bien ouvertes... Ça et là, de longues files indiennes se forment, et je découvre qu'il s'agit de vendeurs de crêpes bien françaises qui font un malheur. En vitrine, la reproduction en caoutchouc de la "fraise-chantilly-cheesecake" me fait de l'oeil. Mais je résiste.
Dimanche, vers 18h.
Nous nous perdons un peu dans le quartier, plus ou moins volontairement, avant de reprendre la Yamanote line, direction Shimbashi en quête d'un sushi bar. Celui recommandé par notre précieuse fiche escale. Évidemment, nous ne le trouverons jamais et nous rabattrons sur une assiette de gyozas (des raviolis frits) et sur une soupe aux nouilles-soja-et-porc.
Dimanche, 21h.
Nous voilà rentrés à l'hôtel. Demain réveil 9h pour assurer les quelque 12h du vol retour.
Content de ce premier contact rapide avec le Japon. A la vérité, je ne me suis pas senti aussi perdu dans la traduction que Bill Murray dans le film de Sofia Coppola. Mais c'est certainement parce que je n'étais pas seul.
Si ça avait été le cas, je me serais à coup sûr perdu dans le métro, certainement je ne serais pas allé en discothèque, assurément je n'aurais pas dormi. Alors, chaussé de mes mules en éponge, vêtu d'un kimono trop grand, les mains serrées sur mon ventre, assis seul sur mon lit ferme, j'aurais écouté passer les heures .
Une prochaine fois peut-être ? En attendant, comme tous les mois, je vais poser mon 4on New York.
jeudi 11 mars 2010
Rio
Copacabana, Pain de Sucre, Ipanema, Havaianas, Corcovado, Caïpirinha, maracana, cachaça... Oui oui, rien ne manque alors que je découvre cette ville-plage pour la première fois. Le soleil est au rendez-vous - tout du moins dans la journée, le soir c'est une autre histoire. Une journée pour voir ce pourquoi Rio de Janeiro fascine le monde entier depuis des dizaines d'années. Ambitieux.
Premier point, "noir" : tous les habitués de la ligne, hôtesse brésilienne comprise, me rappellent que je ne dois sortir qu'avec le strict minimum, pas de montre, une photocopie du passeport, du liquide à partager dans les différentes poches. "Les favelas sont proches, dès que tu t'éloignes un peu du littoral, tu risques de te retrouver dedans sans t'en rendre compte". Engageant. Les petites anecdotes de la ligne me reviennent. Tel captain' s'est fait arracher la lèvre à coups de dents par une bande d'enfants carnivores qui voulaient se mettre à la technique photographique, l'appareil photo du dit pilote leur ayant semblé fort approprié; telle hôtesse dut abandonner sac à main et lunettes noires, ayant expérimenté sur sa hanche fraîchement bronzée le contact glacé d'une lame conquérante. Tel copi, enfin, rêvant à la fille d'Ipanema, via les écouteurs de son baladeur sur la plage éponyme, dut sous la menace de quelque bandit urbain abandonner Ipod (normal), puis Ray-Bans (classique), puis tee-shirt (bon, il fait beau, ça passe...), puis baskets (bon, sur le sable, pieds nus ça passe !), puis bermuda (euh...), puis caleçon (......). L'histoire raconte que le malheureux retourna littéralement à poil au Sofitel Copacabana, ce qui j'en conviens ne doit pas laisser que de bons souvenirs.
C'est donc dans une sérénité d'esprit totale que j'embarque dans un taxi avec trois de mes collègues ce matin-là. Pour toi Ami Terrien, je prends tous les risques, puisque j'emmène avec moi mon petit appareil photo afin de te présenter ici-même au célèbre Christ Rédempteur. Je me pince les lèvres, bien fort.
Tarif négocié avec notre chauffeur. Pour 150 réals (environ 60€), ils nous emmène tous les quatre, nous attend sur place puis nous rapatrie sur Copacabana. Évidemment, afin que monsieur rentabilise sa journée, pas de temps à perdre. La conduite est sportive. Nous le baptiserons Ayrton.
Ayrton nous arrête à un belvédère peu avant d'arriver au Corcovado. Très fort Ayrton, car la vue y est splendide, mais surtout le point de vue est situé juste sous la brume qui entoure le Christ quelques centaines de mètres au-dessus.
Lorsque nous arrivons au parking, Ayrton nous indique où acheter les tickets. Pas de temps à perdre, c'est à peine si on ne se fait pas engueuler parce qu'on prend trop son temps. Nous finissons par embarquer à bord d'un minibus qui va nous permettre d'avaler les quelques dizaines de mètres de dénivelé supplémentaires à gravir. Par la vitre, Ayrton nous fait de grands signes d'adieux. Un vrai sentimental cet Ayrton.
Arrivés au sommet de la colline, l'ambiance a changé. Il fait frais, c'est très agréable. La brume nous entoure de toute part. Pour le panorama, nous repasserons. Mais pour l'ambiance c'est assez sympa. Nous avons littéralement la tête dans les nuages. Nous voyons ces nuées de gouttelettes d'eau tournoyer autour de nous en un ballet qui paraît éternel. De temps à autre, une percée fugace au milieu des nuages s'opère, le vertige arrive alors lorsque l'on découvre pour quelques secondes la majestueuse baie de Rio et ses plages blondes. La lumière du soleil s'engouffre dans la brèche, avide de sécher, chauffer, brûler peut-être. Puis les paupières de vapeurs se referment comme elles se sont ouvertes, abandonnant le visiteur à ses rêves de hauteur. Les têtes se tournent alors vers l'immense statue. Un escalator vous mène à ses pieds. Ce jour-là, le Christo Redemptor se drape pudiquement de la brume qui l'entoure, alors que des ouvriers ont monté un gigantesque échafaudage autour de lui. Une bonne sœur et un prêtre, micro en main, bénissent chaque ouvrier avant qu'il ne se lance à l'assaut de la statue.
Face au colosse de pierre, un nouveau panorama aveugle.
Lorsque nous redescendons, Ayrton est là, au taquet. Je reprends ma place dans le véhicule, à l'arrière au milieu. Et c'est là que je réalise que pour le prix de la course j'ai droit à un tour de Space Mountain, voire - et c'est tellement plus à la hauteur des lieux - de Tonnerre de Zeus. L'a pas que ça à faire Ayrton. Enhardi par les diverses icônes qui pendouillent partout dans son Opel, il dévale la montagne en jouant de la boite.
Pour la suite, petite promenade sur Copacabana. Nous apprécions la dextérité des joueurs de beach volley qui s'évertuent à ne jouer qu'avec leurs pieds et leur tête. Assez incompréhensible pour un gus comme votre serviteur qui n'a jamais réussi à tirer un ballon de foot tout droit.
Sur Ipanema, nous observons les enfants qui, consciencieusement font leurs devoirs comme il se doit à la sortie de l'école. "Pour demain... Vous me ferez 10 bottom turns, 3 aerials, et puis n'oubliez pas de bosser vos Off the Lip, parce que demain y'a contrôle". Pieds nus, cheveux au vent et la planche sous le bras comme un parisien porterait sa baguette, les gamins retardataires courent vers le spot idéal pour s'atteler avec ferveur aux exercices prescrits par le maître.
Certaines vagues sont impressionnantes. Je m'enhardis à mettre mes pieds dans l'eau. Un collègue nous exhorte à la baignade. L'eau est glacée. "Non... je ne sais pas... je crois que l'océan ne veut pas de moi aujourd'hui, mais vas-y on te regarde !"
Je contemple l'horizon, sur lequel la brume s'est posée. J'ai une pensée pour mes collègues, qui quelque part dans ce nuage vaporeux reposent au côté de leur A330 abîmé. Je remarque que personne dans l'équipage n'a jusque-là évoqué l'Accident. Pudeur ? Superstition ? Une page définitivement tournée ? Je ne sais trop que penser. Je suis pourtant certain que chacun de nous y a pensé, une seconde au moins, en silence.
Le lendemain soir, dans la navette qui nous mène à l'aéroport Carlos Jobim de Rio, nous empruntons une partie de la route sur laquelle Ayrton nous a bringuebalés la veille. Au détour d'un pont et d'un pan de brume, je devine, en haut de la montagne, la silhouette massive du Christ Rédempteur veillant sur la baie.
vendredi 26 février 2010
Punta Cana
Tu es fort chanceux ! Eh oui, ce fut ma première escale à Punta Cana, ce qui te permet d'échapper à un jeu de mot douteux. Jeu de mot auquel tu n'échapperas pas lors de mon éventuel futur nouveau passage dans ce coin de la République Dominicaine. Tu ne vois pas ? Allez mange un clown et si tu trouves laisse-le en commentaire ! Tu gagneras une photo dédicacée ;-)
Que dire de PC ? D'après Wikipédia, il s'agirait d'une station balnéaire... C'est en fait une succession de "resorts" de standings globalement équivalents. Resorts. Plus que des hôtels ce sont des petites villes avec leurs restaurants, leurs bars, leurs piscines, leurs plages, leurs golfs... Bref. Tout y est fait pour que lors de votre semaine de vacances vous ne mettiez pas le nez hors des murs constitués d'arbres exotiques (enfin derrière ces arbres se dressent des murs en bonne et due forme mais bon...). Du reste, votre bracelet "all inclusive" vaut tous les murs du monde...
Alors oui il fait beau, oui il fait chaud, oui il y a du sable blanc et des palmiers, oui, c'est agréable. mais bon 48h une fois de temps en temps ça me suffit largement ! Car à l'image des bracelets All inclusive, on tourne quand-même vite en rond !
Allez quelques cartes postales quand-même pour te sortir de la grisaille, Ami terrien...
mardi 27 octobre 2009
O.N.U soit qui mal y pense
Quelques rappels pour situer les choses... L'ONU est une organisation internationale dont la quasi-totalité des états de la planète est membre. Le but ultime : la paix mondiale. Les Nations-Unies furent fondées en 1945 sur les cendres de la Société Des Nations (SDN) qui n'avait pas réussi à empêcher la survenue de la seconde guerre mondiale... Les opérations de maintien de la paix sont assurées aux quatre coins du monde par les célèbres "Casques Bleus", soldats prêtés par les différents états membres, mais formés par l'ONU. Quelques célèbres émanations de l'organisation : l'UNICEF (United Nations Children's Emergency Fund), chargée d'oeuvrer pour la condition des enfants de par le monde; l'UNHCR (Haut Commissariat aux Réfugiés), ou bien encore l'UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture), dont le siège est d'ailleurs situé à Paris. Cocorico!
Bref, quand on voit tout ça on dit respect.
Mais revenons à notre journée de tourisme. Que vaut cette visite ? Est-elle à la hauteur des desseins qui se jouent ici chaque jour ? Une fois passé l'inévitable filtre de sûreté, vous n'êtes plus sur le sol américain, mais en territoire international. Du reste l'ONU a son propre bureau de poste, et émet des timbres qui ne sont valables que pour le courrier posté depuis l'Organisation. Une aubaine pour les philatélistes. Je reconnais vite les lieux et me rends à l'évidence. Rien n'a changé. Si ce n'est que les murs et la déco ont -mal- vieilli.
Il y a une visite guidée par jour en langue française, il s'agit de ne pas la manquer. Notre guide est un jeune péruvien. Il parle l'anglais, le français, l'espagnol, l'italien et le portuguais. Respect. Les instructions sont claires. "Et s'il vous plait, madame sset monsieur, jé donne lé ssexplications y aprrès vous prénez les photos, mais pas pendant qué jé donne les
Pour la suite de la visite, il est prévu de repasser devant la carpette belge pour l'observer sous un autre angle... Quand on aime... Bon ce sera rapide car une équipe médicale est affairée auprès d'une touriste visiblement sous le coup d'un trop plein d'émotions artistiques, et on nous demande de dégager rapidement.
En fait de visite, la suite du tour guidé comprend essentiellement le commentaire de panneaux explicatifs sur les rôles et les accomplissements divers de l'organisation : campagnes de déminage, présentation du matériel fourni aux enfants ou aux réfugiés dans les pays en guerre ou en crise. A un moment est évoquée la Convention d'Ottawa, traité international de
Seul réel temps fort de la visite, le passage par la salle du Conseil Général est plaisant. C'est un très bel hémicycle surmonté d'une coupole. Et c'est là que les membres votent les résolutions. Il faut avouer que les lieux ont quelque chose de grandiose et solennel. Respect.
Bref, tu l'auras compris, Ami Terrien, j'ai été un peu déçu par cette visite. Le passage au pied du sapin pour admirer les cadeaux prend un tiers de la visite, et c'est sans intérêt. L'expo sent l'opération de communication à plein nez, et le curieux qui veut s'informer trouvera tout ça sur la première page Wikipédia venue. Heureusement qu'il est offert au visiteur de siéger quelques instants dans la salle du conseil. Mais il reste sur sa faim et aurait aimé pouvoir faire de même dans la salle du Conseil de Sécurité par exemple...
L'O.N.U. reste une belle entreprise, un magnifique défi lancé par des humains pour des humains. Respect. Mais la visite vous laisse un goût amer d'inachevé. Ne serait-on pas là face à une gigantesque machine à se donner bonne conscience ? A voir l'incapacité des hommes à s'entendre, à les voir transformer la richesse potentielle que devrait représenter le fait de croire ou de ne pas croire en des dieux différents en prétexte à s'entretuer, à voir une grande démocratie comme les Etats-Unis préférer faire du profit en vendant des mines que d'épargner des vies d'enfants, on se dit forcément que tout ça est un peu vain.
samedi 17 octobre 2009
Séoul : quel jour est-il, quelle heure on est ?
"Et pourtant elle tourne !", conclura Galilée lors de son procès en hérésie en évoquant notre petite Terre. Ne risquant plus les foudres des inquisiteurs, j'ajouterai - même pas peur - "Et nous on tourne autour !". Alors forcément ça peut créer un sacré bazar...
Cette petite virée en Corée du Sud est pour moi l'occasion parfaite d'aborder, brièvement, ce sujet... En France, nous sommes actuellement à Temps Universel (TU) + 2h. C'est à dire que par rapport au méridien de Greenwich, qui est à TU=0, nous sommes 2h plus vieux. Séoul est à TU+9h. Ce qui nous donne un décalage avec Paris de +9-2 = +7h. Donc, pour un décollage de Paris vers 13h30, nous arrivons le lendemain matin en Corée vers 7h locale, alors qu'il est minuit à Paris. Pour un habitué de l'Amérique comme moi, ce bond en avant est un chouïa perturbant. D'autant plus que trois jours auparavant, je rentrais de San Francisco, qui est à TU-7h... -7+2, soit un décalage avec le pays de Zizou de -9h. Je passe donc en quelques jours, en gros, d'une bonne journée de retard, à une honorable journée d'avance. -9+7. Soit un delta de 16h si je ne me trompe pas.
Même pas mal.
Enfin presque même pas mal.
Oui, parce que dans la navette qui nous emmène à l'hôtel, j'ai du mal. Mes yeux ne demandent qu'à se fermer, mais mon cerveau est un peu largué. Je rapporte ici une partie du dialogue duquel j'ai été témoin à ce moment là entre différentes instances internes.
Séquence "Il était une fois la vie".
- Allô Allô ! Ici les jambes, on a mal !
- De Cerveau Génial à Jambes de rêve; ben alors les filles on fatigue ?
-Ben, écoute mon p'tit CG, tape-toi 10h d'activité les lobes écrasés dans une cagoule de contention et on en reparlera, bouffon !
-Ben c'est bon, vous énervez pas les siamoises ! Allez j'envoie quelques endorphines, de toute façon il a les fesses posées et dans une petite heure au max il tombe les contentions...
-Allô Allô ! Ici les intestins ! C'est plein de courants d'air ici ! Qu'est-ce qui se passe ??
-De Cerveau Merveilleux aux ptits gars d'en bas; ben alors on a peur de s'enrhumer ??
-Mais qu'il est con celui-là ! Tu sais bien que quand l'autre s'envoie en l'air, ça se dilate, ça se contracte, ça arrête pas ! En plus il était de garde en première classe, donc il s'est baffré, et là entre les différences de pression, les miettes de crabes, la pintade, et le parfait au chocolat, on gère plus rien ici !!
-Ok Ok ! compris, on se calme les gars... je vais lui envoyer une bonne contraction péristaltique dans votre coin ! Vous m'en direz des nouvelles et lui la prochaine fois il bossera en éco ! Et vlan c'est parti !
(Et quand t'entends ça, Ami Terrien, tu sers les dents et tu attends la bonne crampe d'estomac...)
-Allô Allô ! Ici Horloge Biologique. Euh ça va on vous dérange pas trop ? Non parce que là il est presque une heure du matin, donc bon, faudrait penser à envoyer la sédation, sinon je préviens tout de suite, C'EST LA GRÈVE !!
-De Cerveau Grandiose à HB; Oh ça va la déléguée syndicale ! Minute, papillon des heures creuses ! Nous autres instances supérieures on a aussi du boulot. Le gars essaye de réfléchir là, un collègue lui a posé une question, et j'ai la mémoire épisodique qui pédale dans la semoule. T'as pas tous les éléments, j'te ferai dire ! Alors Ok, pour le dodo je m'en occupe, mais j'ai besoin d'un peu de temps...
10 minutes plus tard...
-Allô Allô ! C'est re Horloge Biologique ! Bon qu'est-ce qu'on fait là ?? Moi les gars ont tous fait circuler la pétition ! Même la zigounette a signé, alors que d'habitude ils veulent toujours travailler plus pour gagner plus ces lèche-bottes, et on sait à quel point ils sont proches du pouvoir !! Le gars DOIT DORMIR, sinon...
-Bon STOP ! Ici Cerveau Sublime; écoutez moi tous ! La sédation ça va pas être possible pour l'instant (Tollé dans les entrailles). Chut ! Chut ! ou je fais évacuer ! J'explique. Deux soucis. D'abord, cette nuit, le gars est pas resté assez au noir. Pas de noir, donc les usines ont pas pu fabriquer de mélatonine. Et moi je suis pas magicien ! Pas de mélatonine pas de sommeil !! Alors bon j'aurais pu négocier une petite somnolence mais y'a l'autre problème... HB, tu me dis qu'il est une heure du mat'. Bon, moi je te crois, c'est pas le soucis, sauf que j'ai une info contradictoire en provenance des yeux, hein c'est ça les gars ?
-Ben ben oui oui c'est c'est ça ça
-Un seul à la fois SVP !
-Pardon ! Ben ici Œil Gauche, je prends la parole car je suis contre la vitre, et je confirme. Soleil encore bas sur l'horizon mais qui monte vite. La luminosité est déjà très importante.
-Merci OG. Donc voyez on a un soucis, là. Cerveau Reptilien, tu veux prendre la parole ?
-Ouais ! Donc ici le Reptilien. Vous m'entendez ? oui bon, alors pour moi c'est niet. Pas question de sédater alors que le jour se lève, et que des prédateurs pourraient venir le bouffer, que des concurrents pourraient se pointer pour prendre sa femelle ou sa bouffe. La survie avant tout ! C'est mon taf et de toute façon j'ai un droit de véto, c'est écrit dans sa -faible- constitution.
Après ça j'ai vaguement entendu HB qui se rebiffait, en traitant mon Cerveau Reptilien de vieux réac, qu'il avait de la chance de s'en sortir à chaque tentative de putsh. Que parler de "femelle" c'était une atteinte à la cause féminine, et que de toute façon j'étais bien trop loin d'elle pour faire quoi que ce soit si un autre mâle lui tournait autour. Elle lui a ressorti l'éternelle question de l'araignée en disant que la réaction de peur qu'il s'évertuait à provoquer à chaque fois qu'une gypsie se pointait était stupide et d'un autre âge... Bref... j'ai fini par mettre mes écouteurs sur mes oreilles pour les laisser à leurs débats existentiels.
Enfin arrivés à l'hôtel, mes collègues et moi prenons d'assaut le somptueux petit dej' de l'Intercontinental. Puis, dans le calme de ma chambre, protégé des prédateurs par la serrure magnétique, HB a dû obtenir une dérogation puisque je m'endors pour trois petites heures. Puis je fais un saut dans l'immense centre commercial accessible depuis l'hôtel. Le plus grand mall du pays. J'en sors très vite car en ce samedi il y a beaucoup de monde. Beaucoup de bruit. Très oppressant. Le soir, je sors dîner avec quelques collègues à deux pas de l'hôtel. Devant un restaurant, je découvre un vivarium avec plein de choses très bizarres dedans, notamment ces
Je ne sais pas si c'est la fumée des braises ou le verre de bière locale, mais je rentre dans ma chambre avec un terrible mal de crâne. Ce soir-là, je suis tout bonnement décalqué. J'ai envie de me coucher, de dormir. Mais entre l'envie et la possibilité...
Horloge Biologique est hystérique. Alors que Cerveau Reptilien, à la faveur de la nuit environnante, a donné son accord pour m'envoyer dans les limbes, HB estime que non, à 12h, il est hors de question que les gars débrayent. Qu'on les prend vraiment pour des cons dans cet organisme dirigé en dépit du bon sens. Cerveau Epatant en rajoute une couche en disant qu'il a mal et qu'il a besoin de la mobilisation de chacun pour soutenir son Altesse face à la douleur.
Et moi, victime innocente de ces luttes intestines, je compte les heures.
Je finis par trouver le sommeil vers 05h30. Reptilien et HB sont subitement tombés d'accord : il fait encore nuit dehors, et HB assure qu'il est 22h, et que ça va, les gars ont quand-même bien mérité de souffler. Cerveau Malin essaye bien de faire valoir sa migraine sur le déclin mais finit par céder devant le nombre. Bonheur, douceur, je me sens glisser, enfin, enfin.
Enfin pas longtemps, car à 9h30 ding-dong ! Mon estomac met toute la machine en marche "ON VEUT DU TRAVAIL, MARRE DU CHÔMAGE !!".
Merci les gars. Allez. Ptit dej' pour tous.
Comme la veille, mon joyeux petit monde s'accorde pour m'octroyer trois nouvelles heures de sommeil post-petit dej. J'émerge vers 15h. N'ayant pas mis le nez dehors depuis la veille, asséché par l'air climatisé de l'hôtel, les yeux mi-clos dans son obscurité, je ressens un besoin impérieux d'aller respirer dehors. Où aller ? Nous sommes situés tout au sud de Séoul, près du convention center, un endroit qui ressemblerait un peu au quartier de La Défense chez nous. Je me sens trop fatigué pour affronter les transports en commun. J'avise sur la fiche e
En lisant ça, je ne sais plus si je lis un guide touristique, ou bien un résumé du dernier épisode de Dragonball zèdeu èdeu èdeu.
Gentille petite balade, au calme. Dommage toutefois que le ciel soit si voilé. Je me serais volontiers offert quelques minutes à la chaleur de ses rayons...
La migraine me reprend alors que je quitte le temple. Et je n'ai plus de doliprane. Il va donc me falloir affr
Pas le courage de ressortir diner. Je me fais monter une assiette de pates. En attendant mon repas, je prépare ma valise. Car demain matin, on rentre. A quelle heure le réveil déjà ?
Tu sais bien Ami Terrien, cette heure sympa où tout ton petit monde intérieur est OK pour te laisser ronfler...
jeudi 8 octobre 2009
Ces quelques friscographies...
Les hasards du planning m'ont une fois de plus envoyé dans cette ville que j'aime de plus en plus... Alors je me contenterai aujourd'hui de te livrer ces quelques clichés, raptés au fil de ma balade.
jeudi 24 septembre 2009
Conaston, Guinérique.
Bonjour, citoyen Terrien !
Immobilisé depuis quelques minutes sur le tarmac, notre avion ouvre sa paupière avant gauche sur la fournaise guinéenne. Larmes fatiguées, nos passagers coulent lentement le long de l'escalier, avant de s'évaporer, puis de se condenser à bord du bus qui les accompagnera jusqu'au terminal. Chaleur, moiteur sont le dénominateur commun des escales africaines.
Comme souvent aux Etats-Unis, le circuit arrivée n'en finit pas. Un équipage United ("From the friendly skies") nous devance au filtre d'immigration. Nos visages commencent à trahir la fatigue de nos 7h30 de vol transatlantique.
Welcome to Boston, Massachussets.
Comme toujours à notre arrivée au Novotel Conakry, Cloclo nous attend, les bons de commande froissés d'impatience. Gambas tigrées, mangues, avocats, ananas, beurre de karité, fruits de la passion... faites vos choix, cochez, datez, signez, et après-demain, avant de partir vous serez livrés. Je ne commande rien, mais je m'ajoute à la liste des partants pour l'éternelle balade sur l'île de Room, demain. De toute façon, c'est ça ou rester à l'hôtel toute la journée. Pour le prix d'un room-service, vous avez la balade en pirogue, l'assurance de délicieuses gambas fraiches et d'un beau poisson grillé pour le repas, du farniente, voire un bain de mer... What else ?
Je me couche d'à peu-près bonne heure, après une assiette de pâtes au beurre montée dans ma chambre pour un prix tout à fait obscène. Mais dans ce quartier de Boston, en semaine et à cette heure, pas la peine de compter sur une cantine ouverte...
Je ferme les yeux devant TV5 Monde-Afrique et sur une bonne nouvelle : le Congo a lancé la première fusée spatiale 100% africaine. On est juste très inquiet pour le passager, un rat cosmonaute qui refuse, l'obstiné, de donner signe de vie suite à la destruction du véhicule intersidérant.
Il fait très beau au petit matin. Après le petit-déjeuner, je rejoins à pied le musée d'art contemporain. Des installations très intéressantes, projection du premier concours de rire, organisé par Phill Collins. On assied une dizaine d'humains, petits, grands, vieux, jeunes, hommes, femmes sur des gradins. Au top, il doivent rire. Le dernier qui s'arrête remporte une enveloppe avec de l'argent dedans. Troublant de voir, l'apparente gaité remplacée au fil des minutes par la souffrance. Et l'impossibilité pour les sens de distinguer le rire des larmes au final. La gagnante, une jeune ado, exulte lorsque l'avant-dernier candidat jette l'éponge. Elle ne prête que peu d'attention à l'enveloppe et son contenu. Je sors du musée, et le soleil est haut dans le ciel.
La pluie cesse juste avant que nous ne quittions l'hôtel. Nous embarquons par une plage qui tient lieu de marché. Le bruit est assourdissant. Le sol est recouvert de plusieurs couches de détritus, aplanis, tassés, compactés par les pieds tannés, les roues des carrioles; les couleurs passées sous l'action conjuguée de pluies diluviennes et la brulure du soleil tropical. A bord de la pirogue, j'observe l'installation intéressante de colonies de cloportes, passant du bois sec à la flaque d'eau sans faire la moindre différence. Hôtesses effarouchées, captain' rigolard et steward qui feint l'indifférence mais surveille discrètement les bestioles, prêt à lever le pied au cas où.
Je hâte le pas... je suis resté parmi les œuvres-d'art un bon moment, et je voudrais faire un saut du côté du Quincy Market avant la sieste pré-départ. L'endroit est noir de monde, c'est l'heure du déjeuner, et ça mastique de partout. Une barquette de sushis, un poulet au curry, des frites, des chips, des dips, des pretz', du coca, du café, du Dr. Pepper, de la Low-Fat water... Je laisse les touristes à leurs agapes... Et fais un saut chez Gap.
C'est une journée paresseuse que nous passons sur l'île : les gambas sont grillées à point, et le poisson divin... La bière locale porte un nom pour le moins cocasse (à découvrir dans le diaporama) et accompagne tout ça très bien. Une sieste, un petit tour de l'île à pied et la pirogue est avancée.
Oui mais alors...
Cap à l'est...
Ou au nord ?